
Dans le cadre de l’année scolaire 2025-2026, les élèves spécialité Arts plastiques de la Cité Voltaire ont
pris part à un parcours d’éducation artistique et culturelle structurant, articulé autour d’un workshop, de
rencontres artistiques et d’une exposition. Ce projet, inscrit dans la programmation de l’EROA et intitulé
« Présent latent », s’est déployé au sein de l’espace d’exposition. Il a réuni plusieurs partenaires artistiques,
dont l’artiste belge Harold Lechien et la vidéaste et conférencière Rossella Piccinno, autour d’une réflexion
commune sur les images contemporaines et leurs mutations.

En décembre dernier, les élèves ont d’abord passé une journée au Fresnoy afin de découvrir l’exposition Panorama 27 « Simultanéité ». Lors d’un atelier, les élèves ont pu manipuler différentes caméras avec l’artiste Daniel Duque et ainsi explorer la notion de subjectivité dans l’image. La journée s’est clôturée avec un temps d’échange avec Thomas Pandeliau autour de son travail en cours. En janvier, les élèves ont bénéficié d’un workshop mené par Harold Lechien,
artiste formé au Fresnoy et récompensé en 2025 par le prix « Jeune artiste » du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. À cette occasion, les élèves ont découvert une démarche artistique centrée sur l’analyse critique des images, l’humour et la dérision.

Après une présentation de sa démarche et de son film Glasskin, film qui explore les relations poreuses entre la peau te les écrans, l’atelier s’est construit autour d’une proposition originale : la création collective d’un « Film à lire ».
À partir d’images cinématographiques, les élèves ont exploré les mécanismes de construction du sens dans l’image en mouvement. L’expérimentation leur a permis de comprendre que la signification d’une image dépend étroitement de son contexte de présentation. En associant images et textes, ils ont ainsi mesuré l’impact des dispositifs de montage sur la perception du spectateur. Ce travail a également ouvert une réflexion sur les processus de manipulation des images dans les sphères médiatiques et numériques, renforçant leur capacité d’analyse critique. Les planches ont ensuite été organisées en concertation collective afin d’obtenir une narration cohérente.
L’ensemble a ensuite été scanné et imprimé sous forme de leporellos. Ce temps de pratique a été enrichi par la rencontre avec Rossella Piccinno, vidéaste, photographe et conférencière, venue proposer une intervention intitulée « L’IA, nouvelle muse des artistes. L’art à l’heure des machines créatives ». Destinée à l’ensemble des élèves engagés dans un cursus artistique, de la seconde à a terminale, cette conférence a permis d’aborder les enjeux contemporains de la création à l’ère de l’intelligence artificielle. En s’appuyant sur des références allant de la mythologie aux pratiques artistiques actuelles, l’intervenante a invité les élèves à interroger les mutations du geste créatif, les nouvelles formes
d’inspiration et les implications éthiques, écologiques et sociétales de ces technologies. Les échanges ont témoigné
d’une forte implication des élèves, qui ont su mobiliser leurs connaissances et développer un regard critique sur ces
problématiques actuelles.
Les élèves de 1ère pro métiers de la mode et 1ère pro métiers du bâtiment-métallerie ont eux, travaillé sur le film
Cosmic microwaves background de Robin Touchard. Le vidéaste Toulonnais entraine le spectateur dans un voyage sensoriel entre les textures de notre quotidien et le vide intersidérale qui nous entoure. Son film fait le grand écart entre infiniment grand et infiniment petit en mettant en scène avec une touche d’humour un objet de design aussi iconique que banal : la cafetière Moka imaginé par Alfonsa Bialetti. Ce petit concentré d’aluminium, de plastique, de grains de café moulus et d’eau bouillonnante ne serait il pas une métaphore parfaite du big-bang lui- même ?


La démarche pédagogique articule étroitement acquisition de connaissances, rencontre avec des artistes et pratique expérimentale.
Les élèves ont été placés au cœur du processus de création, passant de l’analyse à la production, tout en développant des compétences transversales telles que l’interprétation, l’argumentation et la mise en forme d’une pensée critique. Les partenariats engagés ont permis d’ouvrir l’enseignement artistique sur le monde professionnel et de confronter les élèves à des pratiques contemporaines diversifiées. La restitution du projet s’est concrétisée à travers l’exposition « Présent latent », présentée dans l’espace d’exposition. Les productions issues du workshop y sont exposées, offrant au public un aperçu du travail de recherche et de création mené par les élèves. Le vernissage, organisé le samedi 28 mars, a réuni élèves, familles et membres de la communauté éducative dans un moment de partage et de valorisation des
réalisations. Cette exposition constitue un temps fort du projet, permettant de rendre visibles les démarches engagées et de souligner l’implication des élèves dans un processus artistique abouti.
Ce projet met en lumière les enjeux majeurs de l’éducation artistique aujourd’hui : comprendre les images, les questionner et en faire un matériau de création. En confrontant les élèves à des pratiques contemporaines et à des réflexions critiques sur les mutations technologiques, il contribue à former des regards éclairés et sensibles. L’engagement des élèves, leur capacité à expérimenter et à interroger le monde visuel qui les entoure témoignent des effets positifs de ce parcours, qui favorise à la fois l’autonomie, la créativité et l’esprit critique.