

Du 5 mars au 9 avril 2026, l’ensemble des élèves du collège (soit 580 élèves) a été engagé dans le dispositif EROA ( Espace de Rencontre avec les Oeuvres d’Arts) avec la découverte du travail de l’artiste Sarah Van Melick.
Ce projet s’inscrit dans une dynamique partenariale associant l’École supérieure d’art de Cambrai et le centre d’art contemporain L’H du Siège à Valenciennes. Il a donné lieu à une exposition au sein de la galerie pédagogique La Bagagerie.
Les élèves de cinquième, de quatrième et de troisième ont développé des productions plastiques en lien avec la thématique du récit familial, envisagé comme un matériau sensible et une forme de construction identitaire. Certaines classes ont rencontré l’artiste, tandis que d’autres ont participé à des ateliers de pratique et à des actions de médiation.
Ce projet visait à :
- engager les élèves dans une pratique artistique contextualisée, en lien avec une œuvre et une démarche contemporaine
- interroger les notions de mémoire, identité et récit à travers des dispositifs plastiques variés
- expérimenter différents médiums et gestes artistiques (gravure, installation, écriture, mise en espace)
- développer un regard critique sur les œuvres et les productions
- initier les élèves aux enjeux de la médiation culturelle et de la relation au public
- inscrire les apprentissages dans une logique de projet et de restitution


Les élèves de cinquième ont développé une production collective prenant la forme d’une installation in situ dans le sas de l’espace culturel du collège. À partir de feuilles noires perforées, ils ont inscrit leurs prénoms et leurs origines, constituant un « ciel étoilé » suspendu dans l’espace dédié aux travaux d’élèves.
Le geste de perforation engage ici un rapport direct à la matérialité du support : enlever de la matière pour faire apparaître du sens. Ce travail met en tension présence et absence, visible et invisible, dans une approche sensible du récit.
L’installation propose une mise en espace immersive, dans laquelle le spectateur est physiquement engagé. Elle interroge la manière dont des récits individuels peuvent se fondre dans une forme collective, produisant une image à la fois poétique et politique.


Les élèves de quatrième ont travaillé à partir d’un objet personnel chargé d’une mémoire intime. Cet objet devient un support de narration plastique, déplacé du registre privé vers une mise en forme artistique.
La pratique de la gravure notamment initier par l’artiste Van Melick avec une classe, a permis d’explorer la question de la trace, de l’empreinte et de la reproductibilité. L’association texte/image a introduit une tension entre lisible et visible, entre récit explicite et évocation plastique.
Avec les autres classes, le même sujet s’est décliné en ouvrant davantage les moyens plastiques de production comme l’utilisation du cyanophyte ou de l’utilisation de techniques mixtes.


À l’issue de la visite de l’exposition, les élèves de troisième ont rédigé un texte critique sous la forme d’un article de presse. Ce travail visait à structurer leur pensée et à mobiliser un vocabulaire spécifique pour décrire, analyser et interpréter une œuvre.
Dans un second temps, ils ont développé une production plastique personnelle en s’appuyant sur des notions issues de l’exposition : métissage, hybridation, mémoire, transformation, territoire.
Ce passage de la réception à la production a permis d’inscrire les élèves dans une posture d’auteur, en articulant références artistiques et expression personnelle.


Une classe de sixième a été engagée dans un travail de médiation culturelle ( Un travail engagé depuis septembre). Les élèves ont préparé et assuré des temps de présentation lors du vernissage de l’exposition.
Ils ont été amenés à décrire, interpréter et transmettre des contenus artistiques à un public varié, développant ainsi des compétences orales et une capacité à adapter leur discours.
Des supports écrits en français et en anglais ont été produits afin d’accompagner la réception des œuvres et des productions dans un travail transdisciplinaire.

Le travail de Sarah Van Melick a constitué le point d’ancrage du projet, notamment dans sa manière d’aborder le récit comme une forme fragmentée, sensible et non linéaire.
Les œuvres de Dominique De Beir ont nourri la réflexion autour du geste de perforation et de l’engagement physique dans le support, tandis que les estampes de Bouchra Khalili ont permis d’interroger les notions de trajectoire, d’identité et de cartographie du vécu.
Les oeuvres des artistes Christian Boltansky, Sophie Calle et Anselm Kiefer, Rose Wylie, ont permis d’aborder la diversité des productions de création abordant les questions de souvenir, de mémoire, de récit personnel dans la création contemporaine.
Ces références, est bien d’autres, ont été mobilisées comme des leviers de pratique, permettant aux élèves de situer leur travail dans un champ artistique élargi.
L’exposition présentée à La Bagagerie a constitué un temps fort du projet. Elle a permis de mettre en valeur les productions des élèves dans un espace dédié et attenant à la galerie pédagogique, en interrogeant les choix d’accrochage, de circulation et de mise en relation des œuvres.
Le vernissage, qui s’est tenu le 23 mars, a donné lieu à une ouverture au public (familles, partenaires, communauté éducative). Les élèves médiateurs y ont joué un rôle actif, contribuant à faire de ce moment un véritable temps de partage.
Lors des journées d’immersions pour les classes de CM2, celles-ci ont pu lors du temps de découverte des arts plastiques au collège accéder à la galerie pédagogique et profiter de l’exposition avec une médiation de l’enseignant d’art.
Ce projet a permis d’engager les élèves dans une démarche artistique complète, articulant rencontre, pratique et restitution. Il a favorisé l’émergence d’une parole personnelle, tout en développant une capacité à situer son travail dans un contexte artistique.
L’inscription des productions dans un espace d’exposition réel a renforcé l’implication des élèves et donné du sens à leurs réalisations. La médiation et la confrontation au public ont également contribué à développer leur confiance et leur capacité à transmettre.
Enfin, ce projet a permis de faire du récit intime une matière plastique à part entière, révélant la richesse des singularités au sein d’une expérience collective.
- L’H du Siège (Valenciennes) : accompagnement artistique, mise en réseau, régie.
- École supérieure d’art de Cambrai : conception des visuels de communications
- Artiste Sarah Van Melick : rencontre, présentation de sa démarche, échange, atelier de pratique avec les élèves.
Ces partenariats ont permis d’ancrer le projet dans une réalité artistique professionnelle et de donner une légitimité accrue aux productions des élèves.